Trois voitures de patrouille, une dizaine de policiers… On ne rigole pas avec la sécurité place
Notre Dame ! Pour le premier jour des soldes, on avait décidé de rassurer le chaland : le poitevin pouvait en toute sérénité mettre à sac les bacs d’articles dégriffés dans les
boutiques du centre ville, les force de l’ordre veillaient à l’extérieur.
En particulier pour empêcher de nuire cette jeunesse marginale aux longs cheveux mêlés de dreads, traînant son mal être aux alentours de l’étalage insolent de l’abondance moderne. Cherchait-on particulièrement un résultat ? Toujours est-il que sur les centaines de passants de cet après-midi d’hiver, ce sont bien trois jeunes gens, deux filles et un garçon qui ont été sommés de présenter leurs papiers et autour desquels, très vite, s’est déployé un dispositif tout à fait disproportionné ! Au point d’écoeurer ces deux passants, quinquagénaires bien mis, qui s’interrogent sur le but de la manœuvre. « Pourquoi jouent-ils ainsi les cow-boys ? Qui cherchent-ils à impressionner en ennuyant ainsi ces gamins ? Peut-être ces jeunes femmes là-bas ? » demande l’un d’eux aux passants qui assistent à la scène.
Il faut dire que le jeune homme interpellé, menotté, poussé dans l’une des trois voitures (afin d’être « conduit en garde-à-vue » aux dires de l’un des policiers) a davantage l’air, pour le témoin de la scène, d’une victime que d’un coupable. Ne vient-on pas d’entendre les réponses arrogantes et mêlées de mépris aux sollicitations de la jeune femme qui l’accompagnait : « Pourquoi nous ? Pour notre allure ? Cest votre façon de nous faire commencer l’année ?», ne cessait de répéter la jeune femme, désemparée. « Tu vas pas commencer à me gonfler… Allez, t’as gagné, ce sera la garde à vue, amenez le taxi » décidait alors le policier…
Un des trois embarqué, les deux autres sommés de libérer la place, c’est à une parade que nous jugeons indécente que nous avons pu ensuite assister. Autour des deux véhicules de police, entre rires et plaisanteries, le groupe de « représentants de l’ordre « pouvait afficher une satisfaction que nous ne comprenons pas. Quoi ? Ils auraient réussi en cet après-midi d’hiver à mettre la main sur un petit consommateur de cannabis, troublant d’autant plus l’ordre public qu’il affiche son inadaptation au cœur de la ville ?
La patrouille, rajustant son ceinturon, pouvait adopter le pas martial pour s’éloigner sous le regard interloqué de la plupart des témoins de cette sinistre mascarade..
Quelques clichés pris au festival "sous pression" à Poitiers
_ Tiens, ça y est, vous avez choisi votre camp !
_ Quoi ?
_ Pizzas...Mac Cain
Mince, on est le 31 octobre ! Il faut que je
téléphone à Ween !